lundi 11 février 2019

"L'Ecole des soignantes" - un roman pour proposer d'autres modèles du soin et de son apprentissage

Le 7 mars 2019, trente ans presque jour pour jour après avoir publié mon premier roman, La Vacation, POL publie L'Ecole des soignantes, nouveau roman "médical".

Si j'en parle ici, c'est bien sûr parce qu'il porte (presque) le même titre que ce blog, et à dessein : c'est la description d'un hôpital utopique et de son école de professionnel.le.s de santé, entre les années 2034 et 2039.

Le Centre hospitalier holistique de Tourmens et son Ecole des soignantes sont régies toutes deux (non, ce n'est pas une erreur d'accord, c'est un accord de proximité) par une approche féministe - c'est à dire égalitaire et inclusive.

Là-bas, toute personne doit être soignée et/ou formée aux soins avec la même attention, le même respect, la même écoute, quelles que soient son origine, son genre, ses caractéristiques personnelles, ses croyances, ses préférences...

Pour ce faire, les soignantes (femmes et hommes et personnes non-binaires) du CHHT et de l'EDS fondent le soin et son apprentissage sur deux changements de paradigme profonds : le corps et la physiologie des femmes deviennent les domaines scientifiques de référence ; la santé des femmes devient l'objectif numéro un des soins.

Les fondatrices du CHHT et de l'Ecole partaient en effet du principe que si l'on parvient à répondre de manière appropriée et égalitaire aux besoins des femmes, depuis des millénaires négligées et méprisées par le corps médical, on saura répondre aux besoins de toutes les personnes.

Oui, il s'agit d'une utopie. Mais il ne suffit pas de critiquer ce qui existe (et ne marche pas toujours bien) il faut aussi proposer de nouveaux modèles, de nouveaux repères. C'est ce que je fais dans ce livre, qui poursuit le travail de recherche romanesque sur l'éthique du soin développée dans Le Choeur des femmes.

Je ne prétends pas que ce que je décris, défends ou propose dans L'Ecole des soignantes est définitif ou exempt d'objections et de critiques. Ce n'est pas une somme, un évangile ou un petit livre rouge. C'est un roman qui prolonge les précédents et - je touche du bois - en annonce d'autres.

C'est une narration tissée de dialogues, d'informations, d'émotions, de réflexions, d'anecdotes, de retournements, de valeurs et d'espoirs. Un livre fait pour balader, émouvoir, intriguer, provoquer, étonner, réconforter, encourager des lectrices et des lecteurs, et si celles-ci en ont envie, les inciter à en lire plus, à écrire et à inventer à leur tour. (Si vous avez envie de venir débattre des utopies du soin, je serai en France entre le 15 mars et le 15 avril et serai l'invité d'un certain nombre de librairies.)

J'espère que vous aurez envie d'embarquer.

En attendant, merci à tou.te.s de lire ce blog, qui n'a que quatre ans (!) mais dont le contenu - comme celui du roman - est en germe depuis beaucoup plus longtemps.

Marc Zaffran/Martin Winckler









2 commentaires:

  1. Je viens de terminer votre livre.
    Il venait à point. Non seulement je me suis régalé: l'idée, le style, l'histoire, les personnages, … Il est surtout venu au moment où je suis étonné d'entendre ou de lire si peu de choses (pour ne pas dire aucune) concernant l'avenir de la pratique de la santé mentale et la place qui y est accordée (le mot est choisi) au handicap et en particulier au handicap mental. Si peu de place est accordée à ces domaines dans le flot de réflexions à propos de notre monde en transition.
    Cela m'est apparu après avoir vu le film "Demain" et les documentaires qui ont suivi.
    Beaucoup de professionnels (psys divers, éducs, paramédicaux, assistants sociaux) se désolent de la situation actuelle orientée par et vers la rentabilité et de son impact sur la relation et le soin. Mais peu/pas d'idées émergent. Je peux cependant imaginer manquer d'informations.
    Et votre livre ?
    J'y ai trouvé des mots qui me manquaient. Avec une évidence telle que c'est comme si je les couvaient sans le savoir.
    J'ai été touché surtout par le conception du soin qui baigne cet "hôpital", par les conséquences sur l'attention aux soigné.es, sur l'attention à soi aussi, par la place de l'éthique comme fondement à chaque instant, de la pratique quotidienne.
    Beaucoup de choses résonnent encore. Elles sont floues aujourd'hui. Elles ont besoin de temps. J'ai besoin de temps. Mais elles ont touché, j'en suis sûr, plus que mes idées et mes pensées. Je porte en quelque sorte ces choses (re)senties autrement. La place donnée dans le livre, rendue, au "féminin" y est pour quelque chose.
    Je m'en tiens à ceci pour le moment.
    Je reviendrai vers vous si vous me le permettez.
    Je vous remercie de tout cœur pour votre livre. Parmi ceux que j'ai lu, il est de ceux qui marquent un avant et un après.
    Bien à vous
    Philippe Dupont
    PS: je pratique la Gestalt-thérapie en Belgique; une partie de ma pratique est liée au recours au cheval.

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