jeudi 3 juin 2021

Les hommes devraient-ils porter le poids de la contraception ? (Courriers à propos de "C'est mon corps")

J'ai reçu ce message de Marie S. Je lui ai répondu et, avec son accord, je publie l'échange. 

MW 

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Je me permets de vous écrire suite à la lecture de votre livre "C'est mon corps". 

Je vous avoue que le paragraphe 3 p. 152 ("Les hommes devraient-ils porter le poids de la contraception ?") m'a un peu interloquée.

Notamment les phrases 

-p. 152 "Certains hommes aimeraient maîtriser leur fertilité, qu'ils vivent ou non en couple ; les femmes, elles, "doivent" se protéger d'une grossesse non désirée."

Il me semble que les hommes doivent aussi se protéger d'une paternité non désirée. Je ne pense pas que TOUS les hommes se foutent d'engendrer une grossesse si elle n'était pas choisie. même si bien sur cela n'a pas les mêmes conséquences pour eux que pour nous les femmes. Encore que moralement et juridiquement s'il y a enfant il me semble que les 2 géniteurs doivent l'assumer. 

J'ai eu une relation très épisodique avec un homme qui s'était fait stérilisé. 
Quel bonheur ! 
Mais du coup ça m'a mise dans la position de la personne qui doit faire confiance à l'autre quand il me dit qu'il n'y a pas de risque de grossesse et je me suis dit que pour les hommes cela ne doit vraiment pas être simple de faire confiance à la femme qui lui dit qu'elle est protégée (pilule, stérilet, stérilisation...) d'autant que si il y a un "accident" de pilule notamment, ou si elle ment, c'est elle qui pourra finalement faire le choix de garder l'enfant ou pas, lui n'aura pas beaucoup le choix mis à part de partir et se retrouver avec cela sur la conscience. 

-p.154 "La prévention des grossesses non désirées est un problème trop sérieux pour le confier aux hommes."

Je trouve cette phrases assez offensante envers les hommes d'abord parce qu'elle dit que les hommes ne sont pas assez sérieux pour s'occuper de cela ou n'en s'on pas capables. Ensuite parce que cela les dédouanes de cette responsabilité. 

Même si vous modérez un peu vos propos en précisant que pour un couple qui s'entend sur tout les méthodes contraceptives peuvent être alternatives. 

Et dans une moindre mesure p.153-154 sur la l'accessibilité de la contraception dans les sociétés patriarcales oppressives, les hommes y décident si et quand une femme doit être enceinte. Si je peux l'entendre pour certaines femmes qui sont "sous le joug" d'une société patriarcale, il me semble que la majorité d'entre les femmes sont libres de choisir leur contraception. Mais là peut-être que je me fourvoie... 
J'avoue que ça m'énerve un peu qu'on mette les femmes souvent en position de victime sur des choses où il me semble que nous avons notre libre arbitre. Mais c'est vrai que j'ai eu la chance d'avoir des parents aimants et ouverts d'esprit, et  c'est plus facile de faire des choix libres dans ces conditions là...

Marie S. 

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Réponse de MW : 

Bonjour  
Merci pour votre message et merci d'avoir lu "C'est mon corps" de manière aussi précise. 
Pour vous répondre succinctement mais précisément : 

-p. 152 "Certains hommes aimeraient maîtriser leur fertilité, qu'ils vivent ou non en couple ; les femmes, elles, "doivent" se protéger d'une grossesse non désirée."

Ici, le "doivent" veut simplement dire que c'est une question vitale, physiologique pour les femmes, pas pour les hommes. Quand une grossesse est en route, c'est TOUJOURS la femme qui prend les risques physiques (non négligeables) qu'elle fait encourir. Jamais le père biologique... 

Ca devrait être une obligation morale, nous sommes d'accord (ça l'a toujours été pour moi) mais dans les faits, beaucoup d'hommes ne voient pas la nécessité matérielle (pour eux) de se protéger et ce, 1° d'autant que les femmes se protègent, elles et 2° que leurs possibilités sont limitées (préservatif, vasectomie) et que leurs partenaires ne sont pas toujours d'accord pour l'une ou pour l'autre (c'est toujours une question de négociation, différente pour chaque personne, et donc pour chaque relation...) 

La question de la responsabilité morale de la grossesse et de la liberté d'accueillir ou non la grossesse et l'enfant (s'il ou elle naît) est un problème théorique tout à fait important, mais qui ne vient pas dans la tête des gens en première place quand il s'agit d'avoir des relations sexuelles potentiellement fertiles. Je ne l'ai pas abordé ici. J'en ai en revanche écrit un article sur le sujet dans le cadre de ma formation en éthique au Québec. (Si cela intéresse les internautes, il est en ligne ICI.) 


-p.154 "La prévention des grossesses non désirées est un problème trop sérieux pour le confier aux hommes.


Je suis désolé que vous trouviez ça offensant pour les hommes (ils ne sont pas tous de votre avis) mais c'est une position féministe radicale très simple : les décisions concernant le corps d'une femme doivent être prises EN PREMIER LIEU par la femme concernée. Point final. 
L'homme (les hommes) ne peu(ven)t avoir qu'une part de soutien, mais jamais être en position de décider. Je le dis d'autant plus fermement qu'au long de l'histoire, il a fallu attendre plusieurs milliers d'années (au moins depuis que l'écriture existe et qu'on en a la trace) pour qu'elles soient en mesure de prendre ces décisions. Le serment d'Hippocrate spécifie bien de ne pas délivrer de pessaire abortif à une femme, alors que l'avortement était pratiqué... à la demande des maris... On ne peut pas être plus clair. 

Vous soulevez d'ailleurs une question très importante qui me permet d'éclairer ma position : s'il existait une pilule pour hommes, est-ce que ça réglerait le problème des femmes ? Non. Et pour tout plein de raisons : 
- Parce que leurs partenaires ne la prendraient pas tous. 
- Parce que leur partenaire habituel pourrait ne pas vouloir/pouvoir la prendre, ou la prendre mal et l'oublier. 
- Parce que la femme concernée pourrait très bien décider d'avoir des relations sexuelles avec un (d') autre(s) homme(s). Etc. 
Et aussi parce que, quelle que soit la méthode, les échecs (toujours possibles même en cas d'utilisation parfaite) auraient toujours pour résultat... une grossesse imposée à la femme. 

Dans mon esprit, il est donc clair que la priorité est de donner aux femmes des méthodes fiables, faciles, accessibles et sans danger. Ensuite, bien sûr, il est souhaitable de mettre au point des méthodes masculines également fiables, faciles, accessibles et sans danger. Mais ça ne réglera pas, jamais, le problème de TOUTES les femmes, ni même de la majorité de femmes qui ne vivent pas une relation équitable et d'égalité avec l'homme qui partage leur vie. Ca ne réglera, en particulier, pas le problème des femmes qui vivent seules (et dont le nombre est de plus en plus grand, en particulier dans les pays développés) et encore moins celui des femmes qui vivent dans une société où la contraception n'est pas accessible ou est interdite parce qu'on y tient comme une norme que les femmes doivent avoir des enfants. 

Ma préoccupation première est que les femmes contrôlent leur vie. Si leur(s) compagnon(s) le font aussi, tant mieux, mais elles ne doivent pas devoir compter sur eux en tout temps. Pour vous donner une analogie : lorsque vous montez en voiture, est-ce que vous omettez de mettre votre ceinture de sécurité quand une autre personne conduit, parce que vous pensez qu'elle est une excellente conductrice/un excellent conducteur ? Non, bien sûr. Car l'accident peut être indépendant de la personne au volant, et les conséquences sont individuelles. Dans mon esprit, compter sur la contraception masculine c'est laisser son compagnon conduire en acceptant de ne pas porter de ceinture ET de rouler avec un airbag désactivé côté passager...  
Un couple de mes amis (ils s'entendent très très bien et vivent ensemble depuis de nombreuses années) m'a fait part d'une conversation qu'ils avaient eue à ce sujet. Elle était porteuse d'un DIU qu'elle tolérait parfaitement. Sachant que même avec une méthode bien tolérée, les échecs existent, son compagnon lui demanda ce qu'elle pensait de son intention de demander une vasectomie. Elle lui répondit qu'elle soutiendrait sa décision, mais que ça ne changerait rien pour elle : la vie sexuelle qu'on vit à un moment donné peut être bouleversée à tout moment par une séparation, une agression, une rencontre... 

p.153-154 sur la l'accessibilité de la contraception dans les sociétés patriarcales oppressives, les hommes y décident si et quand une femme doit être enceinte. Si je peux l'entendre pour certaines femmes qui sont "sous le joug" d'une société patriarcale, il me semble que la majorité d'entre les femmes sont libres de choisir leur contraception. Mais là peut-être que je me fourvoie... 

Si je peux me permettre (mais je pense qu'il est souhaitable d'interroger des autrices féministes sur ce point et ne pas me croire sur parole) je pense qu'effectivement, vous vous fourvoyez. 

Même dans les sociétés occidentales qui ont l'air de ne plus être oppressives, la prescription médicale est depuis longtemps (et encore) assujettie aux médecins (majoritairement des hommes). En France, en particulier, la surprescription de la pilule (comparée aux autres méthodes) est clairement liée au fait que les médecins décident à la place des femmes. Ce n'est pas ouvertement paternaliste, mais dans les faits, ça l'est pour chaque femme qui n'a pas le choix. Et je ne vous parle pas de celles à qui on refuse la méthode qu'elles choisissent... 

Il y a 20 ans, sur mon site internet, j'expliquais aux internaute qu'une femme sans enfant peut, sans danger, porter un DIU. La majorité des médecins le leur refusaient à l'époque. Il y en a encore. Même en France, donc, toutes les femmes n'ont pas le choix (surtout quand elles sont pauvres ou minorisées ou handicapées, ou parlent mal le français...) 


J'avoue que ça m'énerve un peu qu'on mette les femmes souvent en position de victime sur des choses où il me semble que nous avons notre libre arbitre. Mais c'est vrai que j'ai eu la chance d'avoir des parents aimants et ouverts d'esprit, et  c'est plus facile de faire des choix libres dans ces conditions là...

Comme je l'entendais dire récemment par une de mes amies, il y a une différence entre être opprimée et être victime. La première sait qu'on l'opprime ; la seconde ne le sait pas. Regardez autour de vous, pensez vous que toutes les femmes ont la même autonomie que la vôtre ? Mais vous avez répondu à cette question vous-même, ci-dessus. 

Et donc, pensez-vous que toutes les femmes sont des victimes, ou que certaines ont le sentiment d'être opprimées (par leur conjoint, leur famille, leur médecin) et d'autres non, et que parmi celles qui n'ont pas ce sentiment, toutes ont leur libre arbitre ?

Je ne suis qu'un homme, mais pour avoir entendu beaucoup de femmes parler de leur vie, je suis convaincu qu'un très grand nombre de femmes, quelle que soit leur situation, sont encore en situation d'oppression et ne sont pas entièrement maîtresses de leur sexualité et de leur capacités reproductives. Non parce qu'elles sont des "victimes" ou des "personnes passives", mais bien parce qu'on les empêche d'exercer cette liberté. 

J'espère que mes réponses auront éclairé les propos qui vous ont fait réagir, et je vous remercie encore une fois de m'avoir lu, de m'avoir écrit, et de m'avoir fait confiance en me disant ce qui vous posait problème. 

Je me permettrai de publier vos questions (anonymisées) et mes réponses d'ici quelques jours sur mon blog, "L'Ecole des soignantes", car c'est de ce type d'échange que la réflexion de tou.te.s se nourrit. Merci aussi pour cela. 


Très amicalement 
Martin Winckler 


Une autre lectrice m'écrit à propos du même passage du livre sur la contraception masculine, et son message (et l'information qu'elle fournit sur une méthode nouvelle) est passionnant. MW 

Bonjour Monsieur, 

Je me permets de vous écrire car je trouve dommage et incomplet ce que vous dites sur la contraception masculine p 153 du chapitre de la contraception, paragraphe 3: les hommes devraient-ils porter le poids de la contraception ?

Bien que la contraception masculine soit encore très peu pratiquée en France, la CMT ( contraception masculine thermique) que vous évoquez rapidement est en plein développement et ne se résume plus à ce fameux slip chauffant toulousain. L’anneau andro-switch en silicone médical a depuis été commercialisé et présente des résultats tout à fait satisfaisants, en réduisant la concentration de spermatozoides dans le sperme à moins de 1 million/ ml. Il n’est donc pas , sauf erreur de ma part, impossible de mettre la production de spermatozoides au ralentit sans l’aide de médicament. 

Cette méthode est peu coûteuse, efficace ( mon compagnon la pratique ), non invasive, pratique, elle permet de responsabiliser les hommes, de libérer comme vous le mentionnez la charge mentale des femmes, de rapprocher les couples, elle ne contient pas d’hormones et dispose d’un impact environnemental très faible. 

Les médecins ont, je pense, la responsabilité d’expliquer que cela existe et fonctionne très bien. La contraception ce n’est pas soit le rôle des femmes soit l’obligation pour les hommes d’effectuer une vasectomie! Nous avons vu 4 médecins différents lorsque nous avons décidé d’utiliser ce moyen de contraception, 1 seul connaissait le slip chauffant (et non cet anneau nommé andro-switch) et il a éprouvé de la peine pour mon ami à l’idée d’avoir les testicules remontées 15j/ jour. La pose d’un stérilet est sûrement largement aussi douloureuse, sans parler des effets secondaires des autres moyens de contraceptions que vous expliquez d’ailleurs brillamment dans votre ouvrage. 

Le premier mois du port de cet anneau pour un homme est désagréable, c’est vrai mais ensuite il ne le sens plus. Cette contraception apporterait d’ailleurs  bien des solutions aux femmes qui ne supportent aucun moyen de contraception (j’en connais plusieurs malheureusement ). 

Veuillez m’excuser pour la longueur de ce mail, je ne sais pas si vous le lirez mais dans cet espoir je vous glisse le lien suivant pour plus d’informations sur ce sujet précisément qui reste totalement méconnu.  

http://thoreme.fr/


L., ingénieure en biotechnologie. 



Voici en réponse, quelques remarques et questions : 


Il n’est donc pas , sauf erreur de ma part, impossible de mettre la production de spermatozoides au ralenti sans l’aide de médicament. 
​"Au ralenti", certes, et on le sait. Mais pas la suspendre complètement (ce que font les contraceptions hormonales féminines). Et même 1 million de spz par ml, ça suffit pour déclencher une grossesse... ​

Cette méthode est peu coûteuse, efficace ( mon compagnon la pratique ), non invasive, pratique, elle permet de responsabiliser les hommes, de libérer comme vous le mentionnez la charge mentale des femmes, de rapprocher les couples, elle ne contient pas d’hormones et dispose d’un impact environnemental très faible. 

​Le fait que votre compagnon la pratique n'est pas, en soi, suffisant pour dire qu'elle est efficace. Elle l'est pour vous deux, et c'est tant mieux. Mais pour quelle proportion des hommes et des couples (ce qui n'est pas la même chose) le serait-elle ? Manifestement, il n'existe pas de données de grande ampleur permettant de répondre quantitativement. 


Les médecins ont, je pense, la responsabilité d’expliquer que cela existe et fonctionne très bien.

​Que cela existe, certainement. Que "ça fonctionne très bien"... sans avoir de chiffres ? Je ne crois pas. ​

 
 La pose d’un stérilet est sûrement largement aussi douloureuse, sans parler des effets secondaires des autres moyens de contraceptions que vous expliquez d’ailleurs brillamment dans votre ouvrage. 

​Ce que j'explique précisément (et aussi avec le Dr Alain Gahagnon, algologue, dans Tu comprendras ta douleur), c'est que la douleur est une perception unique, personnelle, non mesurable (on ne peut qu'en faire une estimation approximative, à condition de respecter des protocoles très précis) de l'extérieur, non comparable et non transférable. 

Ainsi, la pose d'un DIU peut être TRES douloureuse ou indolore, selon la femme et (surtout) la personne qui insère le DIU. ​Par conséquent, il est probable que le port d'un anneau sera vécu très diversement selon  les hommes.

J'ajouterai que s'il n'est pas possible de comparer la douleur de pose d'un DIU entre deux femmes, il est encore moins possible de comparer l'utilisation de deux méthodes différentes par deux personnes de genre différent... 

Si nous voulons que les douleurs des femmes soient prises en compte, il faut précisément leur demander à elles-mêmes de les mesurer pour elles-mêmes, et non en les comparant à celles (réelles ou supposées) des hommes. Car c'est exactement ce qu'ont toujours fait les hommes pour minimiser les douleurs des femmes. 

Le premier mois du port de cet anneau pour un homme est désagréable, c’est vrai mais ensuite il ne le sen​t ​plus. 

​Là encore, je suis certain que c'est vrai pour votre compagnon, mais rien ne permet de savoir pour quelle proportion d'utilisateurs potentiels (et volontaires) ce serait vrai. 


Cela étant, j'ai lu attentivement le site  de la méthode andro-switch et je trouve le concept très intéressant. Il est scientifiquement tout à fait valide et élégant car il met en oeuvre ce qu'on sait de la physiologie et de l'anatomie masculine. La remontée des testicules dans l'abdomen est une pratique connue dans certaines cultures. Sauf erreur de ma part, elle est en particulier utilisée par les athlètes japonais de Sumo pour éviter les traumatismes pendant leurs compétitions. 
Et si les testicules sont (en principe) extérieurs, c'est parce que la spermatogenèse ne se fait pas bien à 37°, mais beaucoup mieux à une température plus basse. C'est sur ces notions qu'est également conçu le slip chauffant. 

Mais le site ne répond pas à certaines questions que je me suis posé : 

-- Quelle est la proportion d'hommes dont l'orifice inguinal est, à l'âge adulte, suffisamment large pour permettre de laisser rentrer les testicules dans l'abdomen ? 

​-- Existe-t-il un risque de comprimer une artère et/ou une veine testiculaires ou un nerf pendant la pose de l'anneau ? Y a-t-il des situations anatomiques qui contre-indiquent l'utilisation de l'anneau, et sait-on comment les identifier ? Plus précisément : qui peut ou ne peut pas utiliser cette méthode

-- On sait que lorsqu'un garçon naît avec un testicule ectopique (non descendu) le risque de cancérisation de ce testicule augmente - raison pour laquelle on opère les ectopies testiculaires dans les premiers mois de la vie. Que sait-on des risques à long terme de cette méthode ? (Diminution durable ou permanente de la fertilité. Cancérisation. Insuffisance hormonale ?) 

Et enfin : 

-- Quel est le taux d'échecs de la méthode (en pourcentage de grossesses pour 100 années/utilisateurs)? 
(Je rappelle que le taux d'échec d'une méthode féminine est mesurée en pourcentage d'années/utilisatrices - par exemple, celui du DIU au cuivre est de 0,5 grossesses pour 100 femmes utilisant la méthode pendant un an). 

Car fondamentalement, c'est toujours de cela qu'il s'agit : des grossesses assumées par des femmes en raison des échecs d'une méthode masculine... 

Avant de promouvoir une méthode, il est indispensable aujourd'hui de la tester de manière appropriée (assez longue) pour mesurer son efficacité mais aussi déterminer ses éventuels effets indésirables à long terme. De quel recul dispose-t-on pour celle-ci ? 

C'est parce qu'on l'a fait d'abord pour les méthodes féminines qu'on peut aujourd'hui affirmer par exemple que, pour certaines femmes, l'utilisation au long cours d'une pilule a un effet sur leur libido, que l'utilisation des estrogènes après 35 ans augmente le risque de phlébites, etc. 

Soyons clair : je ne dissuaderais jamais un homme ou un couple de recourir à une méthode contraceptive, quelle qu'elle soit, si elle me semble fondée sur des bases scientifiques. C'est le cas de celle-ci. 

Mais il n'est pas conforme à l'éthique, à mon sens, de recommander une méthode sans indiquer aussi ce que sont ses limites - qu'il s'agisse de limites observées ou de questions sans réponse.

Une fois que ces informations ont été données, chacun(e) est libre de faire son choix. 
Sans elles, ce n'est pas un choix éclairé. 

Merci pour votre contribution. 


MW 

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